28 juin 2006
Niedersachsenstadion for ever
(c'est juste que j'aime bien le nom du stade d'Hanovre).
C'est
le genre de soirée où l'attente, terrible, vous noue le ventre et vous
fait amèrement regretter d'aimer le football, et dont le dénouement
vous fait changer d'avis en totalité. Les Grands Boulevards bloqués
pendant peut-être deux heures, dans un concert de klaxons, de sifflets,
de drapeaux et de bière : on n'attendait que ça pour péter les plombs.
La "communion populaire" est un phénomène toujours trop beau, trop
intense et trop bref.
On a vu un très, très bon match de
l'équipe de France. Un match d'anthologie, peut-être pas : les
supporters des deux équipes auront certainement ressenti une tension
terrible, mais pas ceux des autres pays. Mais on a raison de souligner
la fameuse "montée en puissance" française qui a permis de bloquer
toutes les tentatives espagnoles tout en se montrant dangereux sur
quelques phases de jeu presque inattendues. Un très bon match tactique,
avec l'impact physique nécessaire pour résister à une équipe plus
jeune, plus technique et plus fraîche. Et remporter un match après
avoir été mené, dans une grande compétition, c'est un signe qui ne
trompe pas.
Alors bien sûr, il ne faut pas passer d'un extrême à
l'autre. Le score est flatteur. Les deuxième et troisième buts sont
très tardifs et le coup franc sur Henry est imaginaire - le pénalty sur
Thuram étant, lui, bien réel. Le supporter préfèrera une erreur
d'abritrage en sa faveur en huitième de finale et une erreur
défavorable par match de poule, que l'inverse, mais doit rester de
bonne foi.
Rappelons-nous que les équilibres du football sont
fragiles et qu'il s'en est fallu de peu que les Bleus ne passent à la
casserole - même si Barthez n'a quasiment pas eu à intervenir, on
pourra citer la frappe de Joaquin qui avait éliminé Abidal : il peut
la retenter 10 fois et la cadrer 8 fois.
Il faut saluer le
mental des gars (et le match de Sagnol, énorme, parce qu'on ne parlera
pas assez de lui par rapport aux autres). Mais ne pas s'enflammer :
vendredi, les 60 millions de sélectionneurs ne voyaient pas la France
battre le Togo par deux buts d'écarts, aujourd'hui ils sont tous
certains que les onze mêmes joueurs vont mettre une fessée au Brésil. Oui, si les Bleus font samedi le même match qu'hier soir, ils peuvent en sortir vainqueurs. Mais il faudra d'abord garder la tête (et les jambes) froides.
26 juin 2006
L'entraînement de la squadra azzura
Avant le match de 17h, un petit hommage à nos amis transalpins... Vu que je ne sais toujours pas mettre une vidéo sur un blog, je me contente du lien vers ce film irrésistible. Ca date de l'euro 2004 mais c'est toujours d'actualité... Et ça le restera.
Le grain de folie qui manque
Cette coupe du monde respecte étonamment la logique sportive attendue. Les têtes de série ont toute fini première de
leur groupe à l'exception du Mexique, "normalement" dominé par le
Portugal et de la France. Seule la présence de l'Australie, du Ghana et de l'Equateur en huitièmes était de nature à étonner. Les 4 premiers quarts de finalistes (Allemagne, Argentine, Angleterre, Portugal) sont ceux sur lesquels on aurait pu parier en début de compétition. L'élimination des Pays Bas ? Pas vraiment une surprise, l'équipe est jeune, n'était pas protégée lors du tirage au sort et s'est fatiguée dans le groupe de la mort.
Bref, ça manque un peu de folie. De folie africaine ou asiatique pour commencer. L'Allemagne, aussi admirable et efficace soit son projet de jeu, n'a pas ce grain de folie - à l'image de son meilleur joueur, Klose, impressionnant mais pas charismatique. L'Argentine a fortement impressionné lors de ces deux premiers matchs, c'est un peu plus laborieux depuis malgré un but extra-terrestre de Maxi Rodriguez contre le Mexique. L'Angleterre ne joue pas bien mais est là. Le Portugal a montré plus de choses mais on va maintenant davantage se souvenir des 16 cartons jaunes et des 4 cartons rouges d'hier soir que de son jeu. Les Pays Bas dont on attend en principe du beau jeu ont passé leurs 4 matchs à donner des coups. Le Brésil a tardé à se réveiller.
Ce qu'il faut maintenant pour transformer une coupe du monde sympathique en une coupe du monde mémorable, c'est un ou deux matchs d'anthologie. Tout de suite. Et les Bleus seront peut-être acteurs de ce match d'anthologie. Après tout, qui s'en plaindrait ?
L'arbitre, ce héros

L'équipe de France, victime d'une erreur majeure à chaque match. Les Tunisiens volés contre l'Ukraine. Les Africains volés en général. Simunic qui reçoit 3 cartons jaunes. M. Ivanov à la maison après Pays Bas - Portugal. "C'est la coupe du monde la plus mal arbitrée depuis que je m'intéresse au foot", d'après Pierre Menès, hier soir dans 100% Foot.
Alors oui, l'arbitrage pose depuis toujours des problèmes majeurs dans le football. Les erreurs y sont nombreuses, fréquentes et pénalisantes. On fausse l'équité sportive, on pénalise des équipes et même pire : on fout en l'air des mois de travail de la part de dizaines de personnes (joueurs, staff, et même les sponsors).
Tout cela est vrai et tout cela est insupportable : le foot est le sport le plus mal arbitré au monde. D'autant plus insupportable qu'on se prend
d'une envie de mettre des coups de boules quand on entend certains dire
que l'erreur fait partie du jeu. On se prive de la vidéo qui montre des choses évidentes. On ne sanctionne même pas a posteriori les gestes vus et revus par des millions de téléspectateurs, comme le double coup de boule / simulation de baffe de la part de Figo hier soir. Le terrain de jeu est un joyeux (?) bordel et on s'en contente.
Oui mais. Sans vouloir entrer dans le débat sur la vidéo (dont la seule question lors de chaque grande compétition est "à quel moment aura-t-il lieu ?"), je voudrais souligner le rôle des arbitres. Eu égard à la difficulté de leur tâche (tenir en laisse 23 pitbulls, voir les simulations, voir les hors jeux, voir les fautes, les tirages de maillots, voir si le ballon est rentré...) et au manque de moyens dont ils disposent (seulement trois arbitres pour une énorme surface de jeu, pas de vidéo), je trouve le niveau de l'arbitrage tout simplement remarquable.
Attention : je ne dis pas "l'arbitrage est bon". Je dis qu'étant donné les conditions dans lesquels ils sont mis, les arbitres pourraient très facilement faire bien pire, et difficilement faire mieux. Et pour ça, au lieu de leur chier dessus depuis son canapé, il faut leur tirer un coup de chapeau.
Le débat n'est pas sur la qualité des arbitres mais sur la définition de l'arbitrage. Un arbitre derrière le but ? Je ne vois pas ce que ça changerait. Deux arbitres dans l'aire de jeu ? Gros risque d'inéquité dans l'arbitrage. La vidéo ? On hache le jeu alors que comme le soulignait Jérôme Latta des Cahiers du Foot hier dans 100% Coupe du Monde, toutes les règles qui améliorent le jeu consistent à le fluidifier. D'accord aussi avec Jérôme Latta pour dire que la vidéo ne permet pas toujours de trancher et que le scandale est encore pire quand la "mauvaise" décision est prise vidéo à l'appui. Le téléspectateur peut d'ailleurs facilement s'amuser du commentaire qui interprète toute image de façon ferme et définitive, comme cela l'arrange.
Reste qu'on ne voit aucune expérimentation, comme s'il fallait se contenter d'un système pourtant incroyablement fragile. Pour ma part, je suis plutôt pour un usage raisonné de la vidéo : sur toute action litigieuse, l'arbitre prend une décision "a priori" qui est vérifiée à la vidéo lors de l'arrêt de jeu suivant. Si la vidéo ne permet pas de régler le problème, c'est la "décision a priori" qui est appliquée. Ce n'est pas idéal mais ça pourrait toujours permettre de réduire les erreurs.
Ca devient compliqué quand la "décision a priori" est de laisser jouer et qu'il faut attendre l'arrêt de jeu suivant pour vérifier. Mais il est bien difficile de comprendre pourquoi "on" ne tente rien. L'expérimentation ne coûte rien. Comme il ne coûte rien de sanctionner ou de blanchir un joueur a posteriori en cas d'injustice flagrante démontrée par la vidéo. Peut-être qu'on ne tente rien parce que l'arbitrage est par essence plus favorable envers les plus gros... Ca y est, je verse dans le complotisme.
25 juin 2006
La bonne surprise de la coupe du monde
C'est Christophe Dugarry. Des commentaires sobres, efficaces, à bon escient. Pas de langue de bois, des explications techniques pas toujours vues et revues, une manière à lui de faire ressentir ce qui se passe sur le terrain.
Quand Dugarry dit à propos des latéraux qui centrent "Philipp Lähm fait partie des rares joueurs qui cherchent un joueur et pas une zone, ça peut paraître bateau ce que je dis mais la grande majorité des joueurs cherchent d'abord une zone, ils centrent sans regarder", c'est d'une simplicité totale et en même temps c'est le genre de commentaires que l'on n'entend jamais.
Dugarry aux commentaires, il fallait y penser. En tout cas c'est la preuve qu'on peut être très énervant sur un terrain et très bon derrière un micro.
24 juin 2006
Le temps de jeu des 23 au 1er tour
Barthez, Gallas, Sagnol, Thuram, Makélélé, Henry : 270 minutes
Vieira : 261 mn
Abidal, Zidane : 180 mn
Ribéry : 177 mn
Malouda : 162 mn
Wiltord : 160 mn
Trézéguet, Silvestre : 90 mn
Saha : 20 mn
Govou : 13 mn
Diarra : 9 mn
Dhorasoo : 8 mn
Coupet, Landreau, Boumsong, Givet, Chimbonda : 0 mn
Outsiders

Revenons
un peu plus précisément sur la situation de l'équipe de France. Nous
sommes samedi, et dès mardi, c'est à dire tout de suite pour le
supporter, elle affrontera un premier de groupe et une autre tête de
série, l'Espagne, en huitièmes de finale - Espagne que je n'ai pas
encore vu jouer.
On aurait pu dire en début de coupe du monde :
une défaite au premier tour aurait été une catastrophe, un huitième de
finale une déception, un quart de finale un bon parcours, une demi ou
au-delà, une épopée. Voilà pour les principes, auxquels s'ajoutent la
manière, qui tempère ou réchauffe ces constats. Et effectivement, entre
les huitièmes et les quarts, on bascule très vite de la déception à la
satisfaction.
On peut donc simplement dire aujourd'hui qu'on a
évité la catastrophe. En sortant deuxième dans un groupe assez facile,
en ne rassurant pas dans le jeu, elle s'est mise dans la difficulté.
Alors bien sûr, pour gagner une grande compétition, il faut pouvoir
battre tout le monde et à niveau égal, la même équipe peut perdre un
huitièmes ou aller en finale, en fonction de son tirage au sort. Mais
on sait bien que le bon scénario aurait été de se mettre en situation
de gagner les deux premiers matchs pour faire jouer (et gagner) les
coiffeurs contre le Togo et d'affronter l'Ukraine en huitièmes.
C'est
l'inverse qui se produit : la France affrontera une équipe qui a gagné
ses deux premiers matchs, fait jouer ses coiffeurs, remporté le
troisième match et arrivera bien plus reposée à Hanovre. Rappelons que
la totalité des titulaires ibériques des deux premiers matchs(*) ont
joué leur dernier match lundi. Ils auront donc 7 jours de "repos"
pleins dans les jambes, contre trois seulement aux titulaires français.
Ce
n'est pas forcément cela qui fait la différence sur un match. Mais, les
Bleus l'avaient démontré en 1998 et 2000, ça peut être ça qui fait la
différence sur une grande compétition. Les Français peuvent gagner même
avec 4 jours de repos de moins. Mais étant donné leur âge (la plus
vieille formation de la compétition) et celui des espagnols (la plus
jeune), c'est un handicap indéniable.
L'Espagne est aussi la
meilleure attaque de cette coupe du monde : 8 buts, donts 6 par les
titulaires (**) et elle a impressionné notamment au cours de son
premier match. Comme la France, elle affrontait l'autre favori du
groupe. mais, contrairement à la France, elle a plié l'affaire en 45
minutes et a boosté sa confiance. Et quand les résultats vont, tout va
: on n'entend pas parler des rivalités madriléno-barcelonaises dont on
espérait qu'elles pourriraient l'ambiance de la seleccion. Il n'y a
d'ailleurs que 2 barcelonais et 2 madrilènes dans le 11 de départ.
Jeune, fraîche, joueuse, efficace et confiante : l'Espagne a les cartes en mains. Nostradamus lui-même aurait prédit
sa victoire finale, c'est dire. Si elle doit avoir peur de quelque
chose, c'est d'elle-même. Il faut voir les choses en face : les Bleus
se présentent en outsiders.
Qu'est-ce qui peut rassurer dans ces
conditions ? Le passé de la France contre l'Espagne, peut-être. On se
souviendra du quart de finale de l'euro 2000 remporté 2-1 par les Bleus
après que Raul eut raté un pénalty à la dernière minute. On se
souviendra de la double victoire en éliminatoires de l'euro 1992. Mais
cela ne veut évidemment rien dire du tout.
On se rassurera en
se disant que les espagnols ne vont jamais loin. Ce qui ne veut
strictement rien dire non plus. 1er tour à l'euro 2004, quarts de
finale en coupe du monde 2002, quarts de finale à l'euro 2000, 1er tour
en coupe du monde 1998, quarts de finale à l'euro 1996 et à la coupe du
monde 1994. Au "mieux" pour la France, cela peut induire un doute dans
les esprits espagnols. Au pire, c'est une motivation supplémentaire pour eux.
On se rassurera aussi en se disant que les Bleus n'ont jamais été menés dans la compétition jusqu'ici, contrairement à laurs adversaires. Ca, c'est un petit plus pour le moral, à condition dejouer le jeu de l'auto-persuasion.
Quid
de la grande différence d'âge entre les deux formations ? Il est clair
que l'on peut arguer d'une différence d'expérience entre les deux
équipes : des Français vieux et ayant baroudé dans les plus grands
clubs d'Europe, des Espagnols tout jeunes et majoritairement issus de
clubs ibériques (et pas des "grands" d'espagne). Mais là aussi, c'est un point tout relatif. Comme le
disait Thuram en début de tournoi, tu as beau avoir 116 sélections, si
l'équipe ne joue pas bien, tu paniques. Hier soir, l'équipe de France
n'était pas très loin de sombrer dans la panique (comme le relève Angel Marcos sur le site de l'Equipe, trop d'individualisme, des lignes pas assez resserrées).
Tout
est question de jeu. Et de ce point de vue là, la France a des progrès
à faire. Trop d'hésitations qui ralentissent le jeu, un manque de
spontanéité, des occasions vendangées (Ribéry va devoir apprendre à
cadrer d'ici mardi), trop peu de frappes de loin.
Mais surtout, il me
semblee que l'équipe de France manque de solutions offensives.
A ses grandes heures, le danger pouvait venir de partout. En 2006, les
latéraux et les demi défensifs participent peu au jeu offensif. On l'a
vu contre le Togo, la solution est venue de Vieira. Mais faire
participer ces joueurs aux jeux offensifs, c'est prendre des risques.
Domenech est-il prêt à les prendre ?
Un autre point me semble
important à relever dans ces considérations d'avant-match : pour toutes
les raisons évoquées plus haut, il est fort probable que les Bleus
soient dominés dans le jeu. Et que pour la première fois, ils soient en
situation de jouer le contre. Pour le moment, les remontées de balle ont été trop lentes pour organiser des contres meurtiers, mais avec Henry devant, il y a une solution de contre évidente et efficace. Ribéry aussi a le profil.
Mais
il ne paraît pas évident qu'il joue : Domenech devrait donner la
priorité au blocage des couloirs et à la conservation de balle, tout en
permettant à Makélélé et Vieira de jouer dans leur meilleure registre,
dans l'axe. Je
parie donc sur le retour au 4-2-3-1 avec Henry seul devant et une
triplette
Malouda-Zidane-Wiltord derrière. Ce n'est pas parce que l'organisation
présentée hier a permis de battre le Togo qu'elle fonctionnera contre
l'Espagne. Au contraire, les Bleus pourraient souffrir de la différence
de niveau entre les deux adversaires. Dès lors, Ribéry a peut-être plus
le profil pour rentrer en cours de match.
Quand l'équipe de France foulera la pelouse d'Hanovre, elle fera partie des 9 dernières équipes en lice de la compétition. Déception, bon résultat ou épopée ? J-3 pour le savoir.
(*) Casillas, Puyol, Pablo Ibanez, Pernia, Sergio Ramos, Xavi, Senna, Luis Garcia, Xabi Alonso, David Villa, Fernando Torres.
(**) Fernando Torres 3, David Villa 2, Xabi Alonso 1
Les Bleus en questions
Se mettre dans des états pareils pour le Togo, est-ce raisonnable ? Non. Zidane doit-il revenir comme titulaire ? Oui. A-t-on retrouvé le grand Vieira ? On le saura mardi. Domenech essaie-t-il d'embrouiller les futurs adversaires en faisant n'importe quoi au niveau des remplacements ? On l'espère. Le turnover opéré par l'Espagne sera-t-il décisif ? Malheureusement, c'est fort possible. L'Espagne doit-elle craindre la France ? Non, elle doit se craindre elle-même. Le fait de jouer enfin un grand adversaire va-t-il permettre aux Bleus de se lâcher ? Mouais. Dans quel schéma tactique la France doit-elle jouer ? En 6-4-0. Tout est-il possible ? Oui. Surtout.
La Suisse est la seule équipe à ne pas
avoir encaissé de but. L'Allemagne, l'Argentine et l'Espagne sont les
meilleures attaques avec 8 buts en 3 matchs. L'Italie a sur le papier
le tableau le plus dégagé (Australie puis Suisse ou Ukraine). Les gros
sont là (même Ronaldo, mais pas la République tchèque) et aucun
"favori" n'est éliminé. L'Afrique a un représentant mais perd Essien.
Même pas un jour de battement entre le 1er tour et les huitièmes de
final, ça va vraiment trop vite. A force de jouer avec le feu, la
France affrontera une Espagne reposée et qui rêve de mettre fin à sa
série noire (au choix : série noire contre la France ou coups d'arrêt
systématiques avant les demi-finales des grandes compétitions). Et
c'est tout.
23 juin 2006
Schizophrénie cool

Entendu Estelle Denis ce matin sur RTL, interviewée par Fogiel sur sa schizophrénie (journaliste le jour, femme de sélectionneur la nuit) (à télécharger ici). Les questions : toutes du type "mais comment vous faites pour poser des questions auxquelles vous avez les réponses ? Comment vous faites pour commenter les aventures de votre compagnon".
Elle ne répond pas toujours, elle dit ne pas se poser des questions que tout le monde se pose. Langue de bois domenechienne ou morceaux de réalité ? Un peu des deux je crois, en fait. Elle ne dit pas tout, loin de là, c'est évident. Mais cette fille a un discours.
J'aime bien : "on me demande si Raymond est confiant. Je n'en sais rien, à la maison je ne lui dis pas -Raymond, tu es confiant ?-". Quand elle dit cela, je crois saisir un petit quelque chose de leur relation forcément bizarre. J'aime bien aussi son effort de pédagogie de la langue de bois : "oui, il fait de la langue de bois. mais il est obligé".
Pédagogique aussi, le "Dans mon émission, je suis là pour faire en sorte que les autres donnent leur avis" : c'est le cas en effet. Et Estelle Denis fait bien son boulot, son émission est vivante, ses intervenants complémentaires : un bon café du commerce. Et en l'occurrence, Domenech s'y fait régulièrement assassiner (difficile d'ailleurs de ne pas croire qu'ils ont des discussions de fond. J'imagine bien "Menès dit que tu devrais jouer en 4-2-3-1 avec Ribéry et Henry, t'en penses quoi ?").
Alors, la "Schönberg du football", comme l'appelle Fogiel ? Il y a quand même une différence notable : en foot, on ne choisit pas entre gauche et droite. On est pour une équipe, point. Le public est captif.
