Une question de vie ou de mort

"Football is not a matter of life and death. It's more important than this." Bill Shankly, entraîneur de Liverpool de 1959 à 1974

05 juillet 2006

Au mérite

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Libé ce matin avait entrepris de démonter les idées reçues sur le foot italien, dans un article où le vrai se mêle au moins vrai, où le récent se mêle à l'histoire et le drôle au sérieux. Football défensif ? Faux. Chanceux ? Faux. Truqueur ? Faux aussi.

Hé bien je suis assez d'accord avec cette analyse. Le foot italien est surtout organisé et parfois talentueux, comme on a pu le voir ce soir. Ce soir, pas vu de chance côté italien : deux barres et des occases avant de marquer en toute fin de match. Pas vu de truquages, de gains de temps ou d'agressions non plus. Un seul carton et aucun joueur privé de finale. Pas vu un foot fondamentalement défensif même si la prolongation a fait regretter d'avoir attendu 90 mn pour en arriver à voir du vrai bon football.

Et ce n'est pas vrai que sur ce match. Les Italiens sont je crois effectivement largement victimes de préjugés et le moindre argument qui vient renforcer ces préjugés est amplifié. Alors bien sûr, il y a cette victoire contre l'Australie avec les 4 ingrédients de la victoire à l'italienne : 1. un seul but 2. à la dernière minute 3. sur un pénalty 4. imaginaire.

Mais à l'inverse, les arbitres ne sont pas particulièrement tendres avec les italiens. Deux joueurs (normalement) expulsés depuis le début de la compétition, De Rossi et Materazzi. Un expulsé rapide et deux pénaltys contre eux lors d'une autre demi-finale remportée contre un pays hôte, en 2000 face aux Pays Bas. De la chance ? Quand on perd 3 fois aux tirs aux buts (contre l'Argentine en demis en 90, contre le Brésil en finale en 94, la France en quarts en 98, et deux fois au but en or en 15 ans (France 2000, Corée 2002), c'est difficile à admettre.

L'Italie n'est finalement pas très différente des autres "grandes" nations de foot. Elle a eu un peu de réussite contre l'Ukraine, elle a su forcer son destin contre l'Australie. Ce soir, elle est passée au talent et au mérite face à un adversaire inférieur mais gonflé à bloc parce que pays hôte. Et aussi grâce à une maîtrise tactique et un coaching exceptionnels de la part de Lippi. Si la France avait réussi le même match contre l'Allemagne que l'Italie ce soir, on ne serait pas prêts de finir d'en entendre parler.

Buffon, Cannavaro, Pirlo et Grosso ont déjà leur place dans le 11 type de la coupe du monde. La squadra azzura a joué un football discipliné, incisif, en cherchant comme toujours à jouer vite vers l'avant. Depuis le début de la compétition, elle n'a encaissé qu'un but (qu'elle a bien voulu se mettre, le contre-son-camp de Zaccardo contre les USA) et en a marqué 11 par 10 joueurs différents (Toni, Pirlo, Iaquinta, Totti, Del Piero, Grosso, Materazzi, Zambrotta, Gilardino et l'horrible Inzaghi). Elle récupère pour la finale de Rossi pour remplacer le seul joueur qui n'avait rien à faire là, Perrotta.

Les Portugais comme les Français sont prévenus. En attendant, des "Italiens" défilent dans ma rue en chantant "on est en finale".

Posté par adam kesher à 00:40 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

mwé... j' ai quand même trouvé les italiens un peu trop souvent par terre...

Posté par le doc, 05 juillet 2006 à 04:43

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