Une question de vie ou de mort

"Football is not a matter of life and death. It's more important than this." Bill Shankly, entraîneur de Liverpool de 1959 à 1974

10 juillet 2006

Mourir ensemble

"Mourir ensemble" : cela s'impose pour un blog qui s'appelle "question de vie ou de mort".

Il faut que les télés arrêtent de bloquer sur l'expulsion de Zidane qui 1. est méritée, 2. n'a sans doute rien changé au cours du match voire de l'Histoire et 3. quand on est pro, on est censé se faire traiter de sale arabe sans broncher - si tant est que c'est bien l'insulte prononcée par Materazzi.

Je suis juste fier de cette équipe que tant, dont moi-même, étaient prêts à enterrer si vite, si tôt, et qui a fait un parcours fabuleux avec la classe en prime - très grand match ce soir. Et si la France bloque sur l'explusion de Zidane, ce soir demain et dans les jours qui viennent, nous ne serions tous que des sales arabes et ce serait tant mieux. Materazzi, l'homme par qui Le Pen aura fait 2% en 2007 ?

Mourons ensemble : "question de vie ou de mort" donne l'exemple en s'arrêtant ce soir (quoi ? mes analyses ne valent pas mieux que celles des bons médias, donc je n'ai pas à faire d'effort particulier). Mourir tout court ? Pas tout à fait puisque Google continuera à faire vivre ce blog en attirant ici quelques visiteurs perdus. C'était chouette. A bientôt. Et bravo à nos amis italiens pour leur belle coupe du monde.

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08 juillet 2006

Que du foot

Ils sont quelques-uns à aider les malades de foot comme moi à relativiser. Ils sont dans la blogosphère plus que dans les médias traditionnels. Chacun à leur façon, ils se souviennent que le monde continue à tourner. Oublier c'est bien, se souvenir, c'est encore mieux. Merci à eux.

Posté par adam kesher à 18:24 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Soulagé ?

1148898274Il y en a qui être soulagé : c'est Robert Duverne.

Non pas qu'il n'ait plus rien à faire (je suppose qu'un préparateur physique, ça bosse jusqu'au dernier jour du dernier match), mais parce que les médias ont arrêté de parler de lui aussi vite qu'ils en avaient fait une star.

Avant le match contre le Portugal, il a sans doute eu droit à une couverture média sans précédent pour un préparateur : et Robert Duverne par-ci, et Robert Duverne par là, et Domenech est allé le chercher à Lyon contre l'avis de la fédé, et la résurrection c'est grâce à lui, et il avait déjà fait ses preuves, et il fonctionne à l'instinct, et blablabla.



Laissons-le bosser, la match contre le Portugal a montré qu'il n'avait pas fini son boulot.

Posté par adam kesher à 18:01 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Florilège...

... D'images reçues sur mon e-mail depuis quelques jours. (et je ne parle pas des sons, ayant reçu "Zidane il va marquer" environ 50 fois)

Avec une mention spéciale pour Christiano Ronaldo, devenu en quelques jours le jour le plus détesté de la planète.


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Posté par adam kesher à 17:56 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'attente

Mais je n'ai rien à dire de spécial sur la qualification de l'équipe de France en finale, moi.

Le jeu ? Les Bleus se qualifient sans bien jouer, grâce à un fait de jeu (le pénalty, justifié) et une défense héroïque. Il faut savoir gagner comme cela si on veut gagner une coupe du monde, même si la manière place nos amis italiens comme favoris pour demain soir.

L'événement de société ? Oui, c'est incroyable de voir des blacks, des blancs et des beurs se tomber dans les bras les uns des autres après chaque match et de cette façon. Peut-être l'oublient-ils, peut-être se réconcilient-ils. Peut-être cela ne sert-il à rien dans cette France si morose depuis quelques mois / années, mais on sent que la France a besoin de péter les plombs. En espérant que ce pétage de plombs positif laisse des traces.

La légende ? Oui, Zinédine Zidane a un destin héroïque, invraisemblable, exceptionnel et non, il est difficile de concevoir qu'il ne soit pas le grand vainqueur demain soir.

Mais ce n'est que du football, 22 acteurs, deux coachs - savants tacticiens en l'occurrence -, des faits de jeu favorables et défavorables, des ballons qui franchissent la ligne ou pas selon l'intensité du vent.

Oui, on veut que les Bleus gagnent et non, ils ne sont pas obligés de gagner. Pour nous avoir encore fait rêver, d'ores et déjà, merci à vous.

Posté par adam kesher à 17:42 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juillet 2006

Au mérite

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Libé ce matin avait entrepris de démonter les idées reçues sur le foot italien, dans un article où le vrai se mêle au moins vrai, où le récent se mêle à l'histoire et le drôle au sérieux. Football défensif ? Faux. Chanceux ? Faux. Truqueur ? Faux aussi.

Hé bien je suis assez d'accord avec cette analyse. Le foot italien est surtout organisé et parfois talentueux, comme on a pu le voir ce soir. Ce soir, pas vu de chance côté italien : deux barres et des occases avant de marquer en toute fin de match. Pas vu de truquages, de gains de temps ou d'agressions non plus. Un seul carton et aucun joueur privé de finale. Pas vu un foot fondamentalement défensif même si la prolongation a fait regretter d'avoir attendu 90 mn pour en arriver à voir du vrai bon football.

Et ce n'est pas vrai que sur ce match. Les Italiens sont je crois effectivement largement victimes de préjugés et le moindre argument qui vient renforcer ces préjugés est amplifié. Alors bien sûr, il y a cette victoire contre l'Australie avec les 4 ingrédients de la victoire à l'italienne : 1. un seul but 2. à la dernière minute 3. sur un pénalty 4. imaginaire.

Mais à l'inverse, les arbitres ne sont pas particulièrement tendres avec les italiens. Deux joueurs (normalement) expulsés depuis le début de la compétition, De Rossi et Materazzi. Un expulsé rapide et deux pénaltys contre eux lors d'une autre demi-finale remportée contre un pays hôte, en 2000 face aux Pays Bas. De la chance ? Quand on perd 3 fois aux tirs aux buts (contre l'Argentine en demis en 90, contre le Brésil en finale en 94, la France en quarts en 98, et deux fois au but en or en 15 ans (France 2000, Corée 2002), c'est difficile à admettre.

L'Italie n'est finalement pas très différente des autres "grandes" nations de foot. Elle a eu un peu de réussite contre l'Ukraine, elle a su forcer son destin contre l'Australie. Ce soir, elle est passée au talent et au mérite face à un adversaire inférieur mais gonflé à bloc parce que pays hôte. Et aussi grâce à une maîtrise tactique et un coaching exceptionnels de la part de Lippi. Si la France avait réussi le même match contre l'Allemagne que l'Italie ce soir, on ne serait pas prêts de finir d'en entendre parler.

Buffon, Cannavaro, Pirlo et Grosso ont déjà leur place dans le 11 type de la coupe du monde. La squadra azzura a joué un football discipliné, incisif, en cherchant comme toujours à jouer vite vers l'avant. Depuis le début de la compétition, elle n'a encaissé qu'un but (qu'elle a bien voulu se mettre, le contre-son-camp de Zaccardo contre les USA) et en a marqué 11 par 10 joueurs différents (Toni, Pirlo, Iaquinta, Totti, Del Piero, Grosso, Materazzi, Zambrotta, Gilardino et l'horrible Inzaghi). Elle récupère pour la finale de Rossi pour remplacer le seul joueur qui n'avait rien à faire là, Perrotta.

Les Portugais comme les Français sont prévenus. En attendant, des "Italiens" défilent dans ma rue en chantant "on est en finale".

Posté par adam kesher à 00:40 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

En exclusivité sur "question de vie ou de mort"

La stat de foot la plus con du monde : le nombre de citation de chaque joueur (ou coach) dans la bouche de Christian Jeanpierre ou Gérard Houiller, du coup d'envoi des prolongations au rendu de l'antenne d'Italie - Allemagne (2-0 a.p) :

Italie :

Iaquinta : 23
Del Piero : 22
Pirlo : 14
Gilardino : 14
Zambrotta : 14
Buffon : 13
Gattuso : 11
Grosso : 11
Totti : 9
Materazzi : 9
Cannavaro : 6
Perrotta : 2
Lippi : 1


Allemagne :

Ballack : 21
Odonkor : 20
Lahm : 20
Schweinsteinger : 18
Podolski : 15
Lehmann : 14
Kehl : 13
Klose : 5
Neuville : 4
Friedrich : 4
Metzelder : 3
Mertesacker : 2
Frings : 1
Klinsmann : 1

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02 juillet 2006

Angleterre - Portugal

Cette équipe d'Angleterre ne m'a pas fait rêver du tout dans cette coupe du monde. Il y a bien le courage, exceptionnel, de l'équipe réduite à 10, mais hier le Portugal a bien mérité de gagner.

Sans Deco, ils avaient quand même beaucoup plus de ballon... Surtout quand Ronaldo la tête à claques à décidé de jouer avec son équipe. Un gardien en état de grâce pendant les tirs aux buts, et le tour est joué (mention spéciale au petit arrière droit, Miguel). Voilà qui confirme les gros progrès du foot portugais depuis 10 ans.

L'Angleterre avait pourtant un énorme coup à jouer :  quand on voit la classe individuelle des Gerrard,
Beckham, Rooney, Terry, Lampard (qui, ceci dit, est exceptionnel en club mais moyen en sélection), quand on voit un joker comme Lennon, on se dit qu'il y a un certain gâchis à avoir vu les Anglais faire 4 matchs franchement moyen avant de tout donner en vain contre le Portugal.

Les talents sont là, mais la valeur collective de l'équipe est inférieure a la somme des valeurs individuelles. C'est maintenant la fin de l'ère Eriksson dont le bilan aura été moyen, place à Scott Mc Laren. Il faudra aussi sérieusement songer à naturaliser un gardien étranger.

Posté par adam kesher à 13:26 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le but de la 57ème

Juste un commentaire au-delà du concert de louanges subi par l'équipe de France depuis hier soir : avec 5 bleus et 3 auriverde devant le but lorsqu'Henry marque, on se demande vraiment où ils étaient, les Brésiliens.

Bizarre de marquer aussi facilement. Ca n'arrivera pas contre une autre équipe européenne. Henry, qui n'a pas fait un bon match hier soir, devra faire mieux.

Posté par adam kesher à 13:15 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commerzbank Arena for ever

Il y a à peine plus de 8 jours, j'avais reçu ceci, avant le match contre le Togo :

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Nul doute que l'auteur de cet hilarant canular ainsi que tous ceux qui l'ont diffusé étaient sur les Champs Elysées ou ailleurs, hier soir, pour célébrer leurs héros.

Domenech : "ceux qui ont commencé très fort, maintenant ils regardent les matchs... à la télé". J'ai eu beaucoup de mal à croire aux progrès progressifs de l'équipe aussi, mais il faut se rendre à l'évidence.

Bravo à cette équipe de France à la tête froide qui a livré deux matchs tactiques exceptionnels contre l'Espagne et le Brésil, avec un Zidane extraordinaire hier soir - match facilité par le trop grand respect des Brésiliens. Ronaldinho, lui, aura définitivement manqué cette coupe du monde. Et moi, j'ai parfaitement manqué mes pronos.

Contre l'Espagne et le Brésil, la France se présentait en outsider. C'est peut-être ce costume qui lui sied le mieux. Avec le Portugal en prochain adversaire et le scalp des espagnols et des brésiliens, tentation est grande de faire des Bleus les favoris de cette demi-finale. Mais pour remporter cet euro allemand (*), il faudra d'abord garder la tête froide.

(merde, je me rends compte que je viens de conclure cet article de la même façon que Niedersachsenstadion for ever. Bon, peut-être que ça porte chance.)

(*) ce sera la première finale 100% européenne depuis 1982.

Posté par adam kesher à 13:07 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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